Quelles sont les attentes du secteur du Luxe ?

Il attire et fait rêver les jeunes... le secteur du Luxe a plus que jamais le vent en poupe ! Écoles, formations, nouveaux métiers... il est aussi en proie a une profonde transformation de laquelle naissent de nombreuses opportunités. C'est un secteur qui embauche mais pour réussir, il convient d'en comprendre les codes. Qu'est-ce qui caractérise fondamentalement le luxe ? Quelles sont les valeurs indispensables pour intégrer cet univers exigeant ? Comment se différencier des autres et réussir ses entretiens ?

Il connaît les attentes des grandes Maisons et constate la motivation & le comportement des étudiants depuis de nombreuses années. Rencontre avec Thibaut de La Rivière, Directeur de l’Institut Supérieur de Marketing du Luxe qui livre sa vision pragmatique du secteur du Luxe et les clés pour y accéder !

Quelle est votre définition du luxe ?

Le luxe, c’est la vie, l’amour et le temps. Plus prosaïquement, le luxe c’est ce qui reste quand la tendance est passée. Il y a un luxe pérenne, sa créativité et sa notion de transmission. Il y a aussi un luxe de plaisir comme le champagne et le parfum. Les produits de luxe donnent un supplément d’âme et une certaine identité. La plupart du temps, lorsque je demande à un étudiant qu’est ce que le luxe, il ne parle que de produits. Quand je lui demande c’est quoi votre luxe ? Il ne parle plus de produit. Cette lucidité et cette compréhension de l’univers du luxe font aussi partie de mes critères de recrutement.

Quand j’entends certain dire « j’aime le luxe », je leur réponds que ce n’est pas suffisant pour le servir. Le luxe c’est avant tout une relation au temps, à la création et au client.

Quelles sont les valeurs souhaitées pour intégrer les métiers du luxe ?

La première valeur que requiert ce secteur c’est la lucidité et une certaine vision. On ne sert pas une marque de luxe parce qu’on est fashion victime mais parce qu’on a compris que le luxe est la création et le client.

La deuxième valeur serait la sensibilité et la créativité. C’est ce qui va avec la notion de culture. Une sensibilité dans la manière de s’exprimer, dans le choix des mots et dans une approche artistique. Si je demande à un étudiant qui sort d’une grande école quelle dernière exposition il a vue, qu’il me répond aucune et qu’il habite Paris, alors je ne comprends pas. Il faut être dans une dynamique multiculturelle et d’acceptation de l’autre. C’est la notion d’ouverture et de curiosité.

La dernière valeur tourne autour du service, la passion du client. Travailler dans le secteur du luxe, quel que soit le poste que l’on occupe, c’est surprendre le client, lui apporter un instant de bonheur. La surprise passe par le produit, son environnement, sa création. On lui apporte du rêve, quel que soit le prix. Si on ne s’intéresse pas à cela, si on ne se dit pas que la finalité d’une marque, de grande notoriété ou non, est d’offrir ce rêve à un client alors ça ne sert à rien d’essayer d’intégrer ce secteur.

Quelles sont aujourd’hui les attentes du secteur du luxe ?

Les grandes maisons du luxe connaissent une inquiétude aujourd’hui face au grand nombre de candidats qui postulent parce qu’ils ont obtenu « un diplôme luxe » sans avoir ni l’appétence, ni la lucidité, ni la connaissance. L’offre du secteur c’est aujourd’hui 250 à 300 postes juniors maximum par an en France. À l’étranger, les recrutements se font sur le marché local. Le véritable potentiel d’embauche est donc faible. Beaucoup de candidats sortant d’école pensent pouvoir intégrer les départements marketing de grandes maisons de luxe. Fausse illusion. Les métiers ont beaucoup changé de part les mutations du monde du retail et le bouleversement de la communication par le digital. Le marketing n’est qu’un petit maillon de la chaîne que j’appelle « commerce ». 

C’est ce que nous défendons chez Sup de Luxe. Ce secteur a de grandes exigences, il est extraordinaire et propose des vrais métiers évolutifs. Lorsqu’un client achète un produit de luxe il recherche plus que cela : il veut vivre une expérience. Cette expérience passe par l’acte du commerce qui aujourd’hui est au cœur de la stratégie de développement des marques. C’est là que nous avons besoin de candidats.

Parlez-nous de Sup de Luxe et de ce qui rend unique cette école en matière de formation dans ce secteur ?

Le luxe n’a pas de règles écrites ! Plutôt que de chercher des théories dans des livres autour du marketing du luxe pour comprendre le commerce de ses produits, nous préférons nous entourer de professionnels pour former des futurs professionnels. C’est pour cela que nous préférons parler d’Institut et non d’école. Sup de Luxe (Chaire CARTIER) est l’unique formation au monde à avoir été dès 1990 voulue et créée par les marques, et plus particulièrement la maison CARTIER. Sup de Luxe est née sous l’impulsion d’Alain Dominique Perrin, alors Président de Cartier International. Notre Institut sert depuis lors les marques de luxe à trouver tous les ans des profils français et étrangers qui souhaitent s’épanouir dans nos métiers. Nous sommes à l’écoute en permanence des besoins des professionnels.

Nos programmes, du Bachelor aux MBA sont organisés par secteur et non par métier. Ce n’est pas le diplôme que vous obtenez qui va forcément vous ouvrir les portes d’une Maison : c’est en sachant utiliser ce que l’on vous a donné. Notre enseignement va travailler votre personnalité, sensibilité, culture pour vous préparer le mieux possible à la suite. Lorsque vous aurez intégré une entreprise du luxe, vous devrez protéger la marque et inventer son avenir en la mettant dans son temps. Pas de révolution dans le luxe, mais des évolutions !

Quelle est la bonne attitude à adopter en général et pendant un entretien dans le secteur du luxe ?

Avoir une bonne attitude dans les métiers du luxe se traduit par la passion, la simplicité, la vérité, la culture, le sens du client, le regard sur l’extérieur. Monsieur Louis Cartier disait à la fin de la journée à ses employés : « Quand vous allez sortir de l’atelier, regardez autour de vous parce que la création est partout ». Une personne qui travaille dans le secteur du luxe même si elle n’est pas artisan ou designer doit avoir cet esprit créatif. Elle doit comprendre que les choses se font lentement, qu’il faut donner du temps au temps, qu’il faut choisir les bons matériaux, les bons produits, les bons acteurs. On est dans un métier de commerce encore une fois.

Pour un entretien, on doit se présenter en lien avec le secteur dans lequel on prétend entrer. On porte souvent le costume-cravate dans les grandes maisons. Adoptez ce style pour un entretien. Après, c’est le comportement qui est important : on reste discret, on écoute, on ne sait pas tout, on est attentif, on est capable de passer du français à l’anglais rapidement, on a réfléchi à la marque, à son histoire, à ses valeurs, à ses lignes de produits. On est modeste. Le secteur du luxe est extrêmement protectionniste, il faut donc faire profil bas. Être vrai et sincère !

Thibaut de la Rivière, Directeur de Sup de Luxe

Comment se différencier des autres ?

Un parcours vers le secteur du luxe se construit et ne s’invente pas brutalement. Construisez votre CV, pas dans la forme (restez sobre et classique) mais dans le fond. Il faut rendre son CV atypique. Ne pensez pas que faire une grande école suffit à valider votre CV. Une personne voulant travailler dans le secteur doit construire un parcours de stages au long de ses années d’études. Quand je vois le CV d’un candidat qui a fait des stages très tôt dans des entreprises qui touchent au secteur, je comprends mieux où il veut aller et je m’intéresse à lui. Les marques feront de même.

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