L’Institut Français de la Mode fête ses 30 ans cette année. Présidée par Pierre Bergé, l’école met en avant la fonction managériale au sein des métiers de la création. Sa position de numéro un en France vient d’être renforcée ces jours par l’annonce d’un rapprochement avec l’École de la Chambre Syndicale de la Couture Parisienne. 

Entretien avec Franck Delpal, Responsable du Programme Start de l’IFM qui nous donne sa vision des métiers de la mode, l’importance du management de la création, et ses meilleurs conseils pour réussir.

1. Qu'est-ce que la Mode d'aujourd'hui ?

On observe un réel attrait des jeunes pour l’entrepreneuriat. Depuis une dizaine d’années, des nouveaux modèles économiques ont émergé et redessiné le secteur. Cela permet de dépoussiérer un peu la vision que l’on avait de la création d’entreprises dans le secteur de la mode. Aujourd’hui, pour la nouvelle génération, entreprendre dans la mode ce n’est plus seulement créer une marque, cela peut être tout aussi bien lancer une plateforme communautaire ou un nouveau modèle de distribution. L’innovation passe à la fois dans le produit et dans la manière de le vendre et de communiquer. Les modèles économiques gagnants sont aujourd’hui des hybrides entre marque, modèle de distribution, média social… On peut citer Bonne Gueule qui était à l’origine un média communautaire qui a muté aujourd’hui en marque et enseigne. Il y a un grand nombre d’exemples de marques comme celle-ci qui ont utilisé d’autres leviers que la création dans le seul produit.

2. C'est un secteur dans lequel les places sont chères. Comment se différencier ?

Il faut que la candidature ait de la saveur, que l’on sente à la fois une véritable expertise et une passion pour le produit. La mode est une vraie industrie qui recouvre une grande diversité d’entreprises avec des approches extrêmement différenciées. Il faut montrer cette compréhension profonde des enjeux et il ne faut pas avoir peur de parler de passion. Il faut pouvoir témoigner d’un attrait puissant pour le produit et prouver un attachement réel à nos métiers parce que sans passion on n’arrive pas à faire grand-chose.

@Gaillarde_Deslandes

3. Les bons réflexes à adopter lorsque l’on cherche un emploi dans la mode ?

Le bon réflexe dans notre secteur, comme pour les autres, c’est la connaissance de la personne que l’on a en face de soi. Si on postule dans un grand magasin, dans une marque de luxe, dans une marque créative, une marque de parfums, les enjeux sont très différents. Il faut se plonger dans l’histoire, se créer sa propre veille sur le marché et les acteurs de notre industrie. Ce qui est aujourd’hui facile en s’abonnant aux newsletters les plus pertinentes du marché, en suivant l’actualité chaque jour pendant 10 minutes afin de ne rien louper. Les modèles économiques bougent beaucoup et les mutations sur ce marché arrivent régulièrement. Il faut être en mesure d’analyser ces signaux, être opérationnel et voir loin. Cette intrication dans le milieu professionnel est omniprésente dans l’enseignement dispensé à l’IFM !

4. Management et création : un lien fort, enseigné à l'IFM

L’institut Français de la Mode a été créé il y a 30 ans par les professionnels du secteur. Face à la mondialisation, à la délocalisation de la fabrication, à la dynamique du secteur du luxe, une école de bon niveau manquait à l’appel notamment pour enseigner et transmettre des fonctions de management spécifiques à ce secteur ; l’importance de l’immatériel, des cycles, des tendances, ce sont des particularités qui ne se rencontrent pas dans d’autres secteurs. Notre président Pierre Bergé reste un modèle dans ce métier. Il défend l’idée que le management doit se plier à la création et que le succès d’une marque en dépend pour avoir une identité, un ancrage, une singularité.

Nous avons donc une approche atypique de ce métier. Loin d’être une école de mode comme on l’imagine souvent où des professeurs apprennent aux élèves à dessiner, nous établissons le lien entre ceux qui créent, et ceux qui développent, marketent, communiquent.

5. Comment apprendre aux élèves ce Management de la Création ?

À l’IFM, l’enseignement repose sur l’idée du dialogue : les managers doivent comprendre les créatifs, leurs contraintes, comment ils fonctionnent, comment préserver la créativité de chacun. Pour réussir dans ce secteur, il faut aussi avoir une vision de la demande et de la marque. Ce sont des choses que nous essayons de leur faire toucher du doigt et avec lesquels nous voulons les familiariser, notamment via des collaborations avec des marques et des industriels. Nos programmes correspondent aux parcours, envies et compétences de chacun :

  • Le programme historique en Management Mode, Design et Luxe
  • Le Programme de Création rassemble créatifs et managers autour d'ateliers communs, avec 3 thématiques (vêtement, accessoires, image / direction artistique).
  • Notre MBA en alternance est ouvert aux personnes ayant déjà une dizaine d'année d'expérience professionnelle et souhaitant travailler dans la Mode & le Luxe.
  • Pour répondre aux besoins de la mondialisation et à l’essor du « luxe à la française », l’IFM propose un programme en anglais, ouvert uniquement aux étudiants étrangers. Ceci permet de pallier les difficultés des marques à recruter des locaux dans le retail, la vente wholesale, les RP ou la Comm’. Ces étudiants repartent en effet dans leur pays avec un bon bagage, très recherché par les marques.
  • Puisque l’entrepreneuriat touche aussi les secteurs de la Mode et du Luxe, notre tout dernier programme Start sensibilise à la création d’entreprise en parlant : développement de concept de marque, Business Plan etc. 10 candidats seulement sont sélectionnés chaque année pour avoir un suivi individuel, être mentorés, effectuer un stage de 2 mois en startup et bénéficier du réseau IFM. Nous sommes fiers d’aider de futurs entrepreneurs à trouver leur valeur sur le marché.
@IFM


Aujourd’hui, la mode est un univers dans lequel il y a une vraie possibilité de créer une approche singulière et de fédérer des gens autour de soi, autour d’une même vision. Nous allons donc vers plus de singularité(s) et moins d’uniformisation. Cela se ressent dans la création comme dans les évolutions de carrières !

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